Les 3 huîtres


D’implantation fort ancienne et connues dès l'époque gallo-romaine, les huîtres du littoral charentais ont d'abord été l'objet de cueillettes sur des bancs sauvages où elles se reproduisaient naturellement et abondamment.
Puis, à partir du XVIIIe siècle, elles ont commencé à être élevées dans des parcs ostréicoles qui succédaient à des marais salants alors abandonnés. Cependant, cette pratique était peu répandue et jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, la récolte des huîtres constitue essentiellement une activité d'appoint.
La véritable mise en culture de l'huître commence pendant le Second Empire, sous l'impulsion décisive de Napoléon III qui introduit les bases de l'ostréiculture moderne avec la réorganisation de l'exploitation du domaine maritime et l'introduction de la technique du captage des huîtres.


Mais différentes épidémies et maladies parasitaires ont vu évoluer les espèces cultivées en Pays Charentais

TROIS HUITRES SE SONT SUCCEDEES
La Plate...


L'ancienne Plate, "l'ostréa édulis", la véritable huître indigène, était appréciée des romains et déjà au 18ème siècle son affinage en claire en faisait un produit du terroir renommé jusqu'à la cour de Louis XIV. Dans les années 1920, l'huître indigène, déjà soumise à une forte surexploitation, disparut victime d'une épizootie.
L'élevage de la "pousse en claire" de la plate, l'ancienne "Marennes" de l'époque devait pourtant se poursuivre jusque dans les années 1950 mais à partir des jeunes huîtres de 18 mois acquises en Bretagne.
Aujourd'hui, elle représente 1% de la production française, essentiellement dans le bassin méditerranéen et en Bretagne, la "belon"

La Portugaise...


La Portugaise "crassostrea angulata" est venue accidentellement en 1868 pour disparaître un siècle plus tard. Contraint de s'abriter d'une tempête dans l'estuaire de la Gironde, "le Morlaisien", un bateau chargé d'huîtres du Portugal destinées aux ostréiculteurs importateurs d'Angleterre, fut contraint de jeter à l'eau sa cargaison avariée. Quelques huîtres devaient survivre. Très vite, leur prolifération gagna le littoral. Ces huîtres "sauvages" étaient considérées au début comme de dangereux compétiteurs et les anciens les écrasaient d'un coup de sabot.

Mais les portugaises furent ensuite les bienvenues pour relayer la plate défaillante. Leur élevage, et leur affinage en claire, qui connurent leur apogée à la fin des années1950, devaient faire la richesse du bassin de Marennes-Oléron ... Jusqu'à la destruction totale de la portugaise par l'épizootie de 1971.


Et les perles?


Toutes les huîtres peuvent fabriquer des perles mais celles qui produisent les perles de culture n’appartiennent pas à la même espèce que celles que l'on consomme en France, la "Crassostrea Gigas". En effet, les huîtres perlières font partie de l’espèce "Pinctada margaritifera" et se cultivent dans les eaux chaudes.
La Polynésie française est le principal producteur et exportateur des perles.
(25% de la production mondiale). 11300 kg en 2000 contre 2 kg en 1970.

La Japonaise...


L'huître d'aujourd'hui, c'est la " Crassostrea Gigas du pacifique" dite "Japonaise" ou "Gigas" . Elle remplaça la portugaise. Outre des naissains importés du Japon, des huîtres mères "Gigas" venant par avion de Colombie britannique sur la côte ouest du Canada, furent immergées en mai 1971, notamment sur le banc de Mouillelande devant Mornac sur Seudre. Cette opération, baptisée "Resur", devait permettre de régénérer l'huître creuse et de relancer l'ostréiculture.