Les pertuis charentais



Situés à l’Ouest de la Charente-Maritime, les pertuis charentais sont une zone dynamique qui subit des marnages moyens pour la côte Ouest française (avec un maximum de 6m). Le pertuis est alimenté en eau douce par deux fleuves d’importance inégale : la Seudre au Sud et la Charente au Nord, et par la Garonne.


Bien que la Charente soit la principale source d’eau douce dans ce secteur, il faut noter que ce flux est infime en comparaison de celui de l’océan.
Néanmoins, ce fleuve apporte d’une part une quantité importante de nutriments qui permettent d’accroitre la production primaire du milieu et d’autre part une baisse de la salinité de l’eau par un gradient diminuant au fur et à mesure de l’éloignement de son estuaire. Cet étagement s'étend de l’ile Madame à Le Chapus (commune de Bourcefranc-le-Chapus).

De plus, en période de crues, les eaux de la Gironde parviennent sur ce secteur qui bénéficie alors d’un apport substantiel en nutriments et minéraux.


Vastes vasières (slikke et schorre), les pertuis charentais sont un lieu de passage ou une zone de nourrissage pour de nombreuses espèces marines emblématiques (grand dauphin, dauphin commun, phoque gris, tortue luth, méduses de cuvier), mais également un habitat pour une macrofaune (vers; mollusques : huitre creuse, moule européenne, coque ; crustacés : crabe vert, crevette grise) dont les populations évoluent en fonction de la nature du sédiment. Ce sont près de 900 espèces benthiques qui ont été recensées dans les pertuis.

Ces zones découvrent à marée basse et forment d’immenses étendues qui servent de reposoir pour les oiseaux et plus particulièrement de nourrissage pour les limicoles. Ceci explique la présence d'une Réserve naturelle nationale (Moëze-Oléron) sur une partie de l'estran. Depuis 1993, elle offre un estran vaseux très nourricier pour de nombreuses espèces grâce aux eaux douces des fleuves Charente et Seudre.


Enfin, les herbiers à zostères, sont une importante zone de frayère pour la seiche et dans une moindre mesure pour la sole sénégalaise. Ils sont également le lieu de nourrissage de poissons et mollusques (rouget barbet, soles commune et sénégalaise, bar, seiche) et contribuent à toute la chaine trophique (lamproie marine, alose vraie et feinte, civelles ou « pibales » remontant des Sargasses).
Le secteur est dominé par l'activité conchylicole (ostréiculture essentiellement, mytiliculture) et par la pêche. Le nautisme y est par ailleurs bien développé.