La gestion de l'eau en marais de Seudre

Les eaux de surface

La Seudre, tant dans sa partie continentale que dans sa partie estuarienne est bordée de nombreux marais et zones humides :

• Les marais salés qui bordent l’estuaire de la Seudre ;

• Les marais doux : marais d’Arvert-Saint-Augustin, marais de Brejat, marais de La Tremblade (marais de Dirée), marais de Saujon - St-Sulpice (marais de l’Aubat), marais de Dercie ;

• Les zones humides alluviales de bord de Seudre.

Continuité écologique
En 2009, une passe à civelles a été intégrée sur le barrage de Ribérou. La passe permet la montaison des civelles par le biais d'une rampe en pente douce couplée avec un substrat de type "brosse" maintenu humide et un écoulement pour créer un attrait et favoriser ainsi la reptation des civelles, anguillettes et anguilles jaunes.


Le lit mineur de la Seudre continentale est fortement compartimenté par des ouvrages transversaux. 127 ouvrages sont recensés sur le réseau hydrographique continental.

La gestion de ces barrages est assurée par plusieurs acteurs : par la commune de Saujon pour les écluses de Ribérou, par l’ASA des Marais de la Haute Seudre sur son territoire de compétence, par le Syndicat Mixte du Bassin de la Seudre et de ses Affluents (SMBSA) de Saujon aux sources.

Les clapets sont manœuvrés manuellement par les délégués désignés par l’ASA. Les manœuvres, soumises le cas échéant à décision préfectorale, doivent tenir compte de certaines contraintes :
* l’accès aux parcelles riveraines à l’automne et en février-mars : les clapets sont alors abaissés pour favoriser le ressuyage des marais ;
* la prévention des basses eaux à partir du mois d’avril : les clapets doivent être remontés pour stocker un volume maximal.

Espèces invasives


L’hydromorphologie des cours d’eau et leur qualité biologique est également impactée par la prolifération d’espèces invasives.

Le bassin de la Seudre est plus particulièrement affecté par la présence de la jussie et de ragondins. Les herbiers de jussie favorisent la sédimentation et appauvrissent les habitats. La présence de ragondins fragilise les berges et favorise également la sédimentation.

Le suivi de ces populations, la mise en œuvre d’un plan d’action et la sensibilisation des acteurs sont nécessaires pour lutter contre la prolifération de ces espèces.

Gestion de la ressource en eau


Les niveaux d’eau, dans la Seudre elle-même et dans les zones de marais sont gérés par de nombreux ouvrages
• Une station de pompage utilisée pour abaisser le niveau d’eau dans le marais d’Arvert Saint-Augustin.
• Des vannes (« varagnes »), clapets, batardeaux, etc. utilisés pour la gestion hydraulique des cours d’eau, à vocation agricole et aquacole (principalement l’ostréiculture).


L’entretien hydraulique relève du domaine privé pour la plus grande part du marais de la Seudre.

Les exploitants dont le système d’exploitation dépend du marais réalisent un suivi régulier de façon à intervenir « par petites touches » à la fois sur le réseau et sur les digues ou « taillées ».

Ainsi, sur la commune de Mornac, plus de 20 kilomètres sont entretenus, essentiellement de façon mécanique.


LES VARAGNES

Pour alimenter correctement en eau de mer ce milieu si particulier que constituent, depuis le haut Moyen-Age, les marais salants, les marais d’élevage de poissons et plus récemment « les champs de claires » à huîtres, l’accès aux claires est régulé à l’aide de « varagnes », vannes construites autrefois en pierres de taille, puis en ciment armé et aujourd’hui à structure métallique.
Ce système de porte étanche, mobile dans le sens vertical, permet donc de réguler l’entrée et la sortie de l’eau, ceci bien sûr, en fonction du coefficient et de l’horaire de la marée. Pour évoquer cette manœuvre on dit ici « faire boire le marais ».

L’ouverture se fait à marée montante de préférence en période de vives eaux, « de maline » selon l’expression locale.


Autrefois actionnées par un touret horizontal à clapet relié au bas de la porte par une chaîne, les "varagnes" ont ensuite été équipées d'une vis sans fin ou d'une crémaillère manuelle. Aujourd'hui on peut voir une commande automatique électronique ; c'est le cas de la "varagne" de l'ancien moulin à marées de Mornac, ainsi équipé pour faciliter le dévasement du port à marée basse.

Ostréiculture et gestion de la ressource en eau


L’élevage de l’huître est conditionné par la qualité du milieu dans lequel se développe le mollusque. En effet, certains critères physico-chimiques, comme la relative constance de la salinité de l’eau, sont fondamentaux. Pour garantir cette stabilité, la régularité des apports d’eau douce dans la Seudre estuarienne et ses affluents est importante, en limitant les apports en hiver et la sévérité des étiages lors de la collecte des naissains. L’eau douce est également responsable de l’apport de nutriments nécessaires à la croissance de l’huître.

Les chenaux remplissant la double fonction d’« irrigation » et de « drain », peuvent être sujets à certains problèmes de régulation des apports d’eau douce. Ainsi, la cohabitation entre les sphères agricole et ostréicole sur deux espaces, certes différenciés, mais très fortement dépendants l’un de l’autre, peut conduire à des difficultés reposant principalement sur la gestion des excédents d’eau douce.



La gestion traditionnelle de l’eau des claires contribue au
• Maintien de la gestion de l’eau salée dans les bassins.
• Gestion en eau saumâtre des bassins écologiques.