Les plantes du marais salé


Les marais maritimes doivent en partie leur existence aux végétaux qui les couvrent, piègent et retiennent les sédiments fins qui freinent l’érosion.

Trois zones distinctes correspondent à des durées d’immersion différentes selon l’année.


• Les slikkes, zones inondées à chaque marée haute, mais découvertes à marée basse. Constituées de vases et de sables fins, en pente très faible (moins de 0,3%), elles sont souvent sillonnées par des chenaux.

• La haute slikke n’est recouverte que par les marées les plus importantes et présente une pente plus forte ( 1 à 2%). Lieu de sédimentation maximale, elle est partiellement recouverte par des plantes dites halophiles

• Le schorre, couvrant environ la moitié du marais, n’est recouvert que par les grandes marées ( 3 à 10 par an). Pratiquement horizontal, il est couvert d’une dense végétation. *il est sillonné de chenaux étroits (achenaux), formés naturellement ou rectifiés par l’homme. La partie interne du schorre, le pré salé, n’est recouvert par l’eau qu’une ou deux fois par an, ou lors de tempêtes.

LES PLANTES HALOPHYTES


Les plantes halophytes (ou halophiles) ont développé plusieurs mécanismes dont la combinaison leur permet de prospérer en milieu salé :
• augmentation de la salinité du cytoplasme pour maintenir la pression osmotique adéquate
• mécanismes spécifiques de flux membranaires afin d'empêcher l'eau de sortir ou les sels d'entrer dans la cellule
• régulation de la perméabilité de la membrane cellulaire en fonction du niveau de pression osmotique
• mécanismes actifs de concentration (et, éventuellement, d'excrétion) des sels



La salicorne (salicornia europeae)

Les tiges, dressées et ramifiées, sont formées de segments cylindriques se détachant les uns des autres.
Les feuilles sont réduites à des écailles soudées.
Fleurs minuscules verdâtres avec 2 étamines à peine visibles, disposées par 3 en triangle autours des rameaux charnus qui les portent.
Toute la plante est comestible, en légume ou confite au vinaigre



L’aster maritime (aster tripolium)

Plante à fleur bisannuelle halophile de 20 à 60 cm de haut.
Les fleurs du centre (tubes) sont jaunes, les fleurs en languettes, périphériques des capitules sont lilas à blanc.
Floraison en été, feuilles vertes à nervure centrale marquée. Très ramifiées, ses tiges sont glabres et charnues.
Elle est comestible crue ou cuite.



L’obione (halimione portulacoides)

Sous-arbrisseau de 20-50 cm, blanc argenté, à tiges couchées radicantes et à rameaux redressés.
Feuilles opposées, obovales ou oblongues, atténuées en pétioles, entières uninervées.
Fleurs jaunâtres, en épis grêles formant au sommet des rameaux une petite panicule non feuillée.
Floraison de juillet à octobre.
Graine rousse.
Feuilles croquantes comestibles crues ou cuites.



La Soude maritime (suadea maritima)

Plante à fleur bisannuelle halophile de 20 à 60 cm, glabre, d’un vert glauque ou rougeâtre, à tige herbacées, dures à la base, dressées ou étalées-diffuses.

Feuilles nombreuses, les caulinaires allongées (1-3 cm), les florales plus petites dépassant les glomérules à 2-3 fleurs.

Graine ordinairement horizontale, luisante, un peu ponctuée



La spartine maritime ( spartina maritima)


Grande graminée vivace.
Ses feuilles sont d’un vert sombre. Elles s’enroulent sur toute leur longueur et ne dépassent pas 7 à 8 cm.
Son inflorescence est composée de 2 à 4 épis. Chaque épi est composé de fleurs foliacées, verdâtres et écartées.
Elle vit sur les vases salées inondées à marée haute.
Elle préfère les zones à sédimentation active comme les fonds de baie. Ainsi elle n’est pas dérangée par les vagues et les courants marins.
Elle forme des touffes qui se multiplient à l’aide de rhizomes.
Cela contribue à stabiliser la vase et favorise l’installation d’autres espèces végétales. La vasière évoluera ainsi progressivement vers un pré salé ou mizotte.



La statice ( limonium binervosum )

Hauteur: 25 à 60 cm. Hampe florale robuste avec des rameaux étalés puis arqués portant de nombreuses fleurs en épis serrés d’1 à 2 cm de long.
Calice lilas en tube avec 5 pétales et des étamines jaunes.
Feuilles spatulées à sommet arrondi et à nervure unique.
Cette plante vivace halophile est typique des vases salées des estuaires et du littoral où elle forme de vastes colonies

LES PLANTES GLYCOPHYTES


Les plantes glycophytes sont les plantes que l’on ne rencontre pas naturellement sur un substrat salé
mais pouvant tolérer, plus ou moins, une certaine quantité de sel.
Parmi les glycophytes figurent donc des plantes sensibles et d’autres tolérantes à l’action de la salinité.

La santonine ou armoise ( artemisia maritima )


Vivace de 40 à 60 cm, veloutée blanchâtre à odeur forte.
Souche ligneuse verticale.
Feuilles finement divisées, à segments linéaires larges d'environ 1 mm, tomenteuses blanches.
Floraison d'août à octobre. Capitules très petits en grappe pyramidale étalés ou même retombants à l'extrémité, à fleurs jaunâtres ou rougeâtres.
L'Armoise maritime se plait sur le schorre, le bord des marais salants, les estuaires.



L’artichaut des marais ( scolymus cardunculus subsp. sylvestris )

Plante bisannuelle en rosette à tige principale épaisse qui peut atteindre deux mètres.
Feuilles très grandes, longues, gris argenté, profondément divisées en lobes aigus.
Fleurs bleu violacé, réunies en capitules pointues, terminées par une épine très robuste.
Floraison en juin-juillet.
Les graines sont des akènes oblongs surmontés d'une aigrette plumeuse qui se séparent facilement.
Les cardons poussent à l’état sauvage dans les marais et sont extrêmement épineux. Impossible de les toucher et de les manger.

La moutarde noire ( brassica nigra )


Hauteur : 25 à 60 cm
Hampe florale robuste, ramifiée dans sa partie supérieure avec des rameaux étalés puis arqués portant de nombreuses fleurs réunies en épis serrés d'1 à 2 cm de long. Calice lilas en tube avec 5 pétales et des étamines jaunes. Fruit en capsule.
La plante est comestible : feuilles en condiment ou en salade



La bette maritime ( beta vulgaris subsp. maritima )

Hauteur : 30 cm à 100 cm.
Floraison de mai à septembre.
Inflorescence en épis. Petites fleurs de 5 mm réunies en glomérules jaune-vert.
Tiges glabres, anguleuses, couchées, souvent teintées de rouge, portant des rameaux flexueux.
Racines non renflées.
Feuilles alternes, luisantes, un peu charnues et poilues, pétiolées.
Feuilles comestibles cuites (comme les épinards)

Inule fausse criste ou Inule casse-pierre (inula crythmoides).


Taille : 50 à 120 cm.
Floraison de juillet à octobre.
Feuilles charnues et étroites qui lui permet de vivre en milieu salé.
Elle pratique le bouturage naturel : des pousses feuillées peuvent se détacher, s'enraciner et donner ainsi de nouvelles plantes.
Ses fleurs forment des capitules jaunes en forme d’ombelle.
Elle possède des propriétés diurétiques. Les jeunes feuilles peuvent être mangées crues ou cuites.