La mytiliculture

LES MOULES EN CHARENTE MARITIME
mytilicultuire huitre pedagogique
LE TRAVAIL DE MYTILICULTEUR

Le mytiliculteur participe à toutes les opérations d’élevage des moules : reproduction, captage des naissains, mise en élevage, alimentation, surveillance sanitaire, contrôle de la croissance, récolte…
Il contribue aussi à la préparation des coquillages pour leur mise en vente, tri, conditionnement et expédition avec différents matériels et engins, roulants et flottants.

TECHNIQUE D"ELEVAGE

Au début du printemps, les moules naissent entre la Charente et la Loire. Pour recueillir le naissain, on tend des cordes horizontalement qui vont permettre aux larves de se fixer facilement.

Dès le mois de Juin, le naissain est assez gros pour déplacer les cordes. Elles sont disposées sur des portiques qu’on appelle chantiers. Le naissain va se développer jusqu’à la fin de l’été (environ 3 – 4 mois).

Les bouchots

Au mois de Septembre, les cordes pleines de naissain de moules sont enroulées en spirales sur des pieux en bois verticaux : ce sont les bouchots. Afin de protéger le naissain contre les prédateurs comme les crabes, le mytiliculteur va positionner des jupes appelées aussi tahitiennes.

Les moules vont passer encore un an sur les bouchots entre l’hiver et le printemps suivant. Durant cette année, les mytiliculteurs vont veiller à leur élevage avec le plus grand soin. En effet, ils enlèveront les algues régulièrement pour ne pas gêner la croissance, ils vont aussi surveiller les éventuels prédateurs : crabes, mouettes, étoiles de mer etc... Enfin, les bouchots sont protégés par des filets pour empêcher les moules de se faire emporter en cas de tempêtes.

Après une année passée sur les bouchots, les moules sont cueillies mécaniquement par bateaux ou tracteurs. Elles sont ensuite lavées, triées et conditionnées pour la distribution et la vente.

La Charente-Maritime est le premier département mytilicole de France. La production est principalement développée sur deux zones du littoral charentais, la baie de l'Aiguillon au nord du département, à l'embouchure de la Sèvre Niortaise et la baie d'Yves limitée au nord par la pointe de Chatelaillon, au sud-ouest par l'île d'Aix et au sud par la pointe de la Fumée à Fouras. La mytiliculture est aussi pratiquée dans les îles de Ré et d'Oléron.
LES MOULES DE BOUCHOT
Pour faire court, le "bouchot" est le support d’élevage des moules. Les bouchots sont des pieux en chêne ou châtaignier enfoncés dans les sédiments et le sable et disposés en alignements sur des zones qui découvrent à marée basse. La mer couvre et découvre ces bouchots au rythme de la marée. Des cordes enroulées autour des pieux portent les moules. Leur principale caractéristique est d’éviter le contact avec le sol, donc avec le sable et tout autre parasite (crabes...)
L’histoire, ou la légende, nous dit que cette technique aurait été inventée par un Irlandais, Patrice Walton, naufragé en baie de l’Aiguillon au 13ème siècle. Installé à Esnandes, il cherchait à se nourrir en attrapant des oiseaux de mer au moyen de piquets et de filets. Il aurait constaté que les moules se fixaient et grossissaient rapidement sur ses piquets. Quant à l’origine du mot "bouchot", on a pensé à l’adaptation d’un mot irlandais ou plus simplement à un mot venant du verbe "boucher", car il désignait aussi parfois la sortie d'une retenue d'eau, le bouchot étant le nom patois d'une forme de piège immergé. Par ailleurs, le "boucholeur" ou "bouchoteur" est l'ancien nom du mytiliculteur. On retrouve ce nom à Châtelaillon avec le village des Boucholeurs.
LES MOULES "LA CHARRON"
Charron est le nom du bourg le plus au nord du département de la Charente-Maritime. Il est situé sur la rive gauche de la Sèvre Niortaise à son embouchure dans la baie de l’Aiguillon. Il a donné son nom à la marque de moules "La Charron".
LES MOULES DE FILIERE
Les moules sont élevées sur cordes. Dans les zone de filières, les moules grossissent en eau profonde, le long de cordes suspendues à des lignes. Les mytiliculteurs disposent de concessions en eau profonde qui leur permettent une exploitation complémentaire car la période de pousse diffère entre les bouchots et les filières.
FILIERES DES PERTUIS: Les moules ont désormais leur Label rouge
LA MOULE D'EAU DOUCE
Poitou-Charentes abrite une espèce très rare de moule d’eau douce : la grande mulette (Margaritifera auricularia). Considérée il y a quelques années encore comme mondialement disparue, elle a été « redécouverte » récemment dans les vallées de la Vienne et de la Creuse, puis dans la vallée de la Charente, et également dans la vallée de l’Ebre. Cette moule d’eau douce a une longévité exceptionnelle, de l’ordre du siècle, et des exigences écologiques très strictes, qui en font une espèce « fragile » et sont un frein à son développement dans de nombreux cours d’eau (DIREN Centre et Poitou-Charentes, 2002). Cette espèce est considérée comme gravement menacée d’extinction par l’UICN.
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