Le quartier Arabe de Mornac

Le vieux bourg de Mornac, avec ses maisons blanches et ses ruelles étroites, est connu sous le nom de « quartier arabe ». Véhiculée par la tradition orale, cette appellation repose sur deux hypothèses.

La première se réfère à l’époque carolingienne au VIIIème siècle, en relation avec l’invasion de l’Aquitaine par les Arabes appelés aussi Maures ou Sarrazins. La seconde version, beaucoup plus récente, prend appui sur le parallèle avec l’habitat d’Afrique du Nord.

On sait qu’après la victoire de Charles Martel sur les Arabes à Poitiers en 732, des groupes de Sarrazins sont restés en différents points de l’Aquitaine. Ce fût le cas en presqu’ile d’Arvert où des colonies de Maures se seraient installées, notamment à Mornac sur Seudre, à l’époque, le Golfe de Seudre et à Anchoine , un bourg et un port situé sur l’ancien rivage de Barbareux aujourd’hui entre la Grande côte et Saint-Augustin et disparu depuis longtemps sous les sables.

Pour déloger ou pacifier ces Sarrazins qualifiés de « hardis marins » le jeune Charlemagne, petit-fils de Charles Martel vint en presqu’ile d’Arvert en l’an 769. Selon les écrits de l’évêque Turpin (une chronique du XIIIème siècle) Charlemagne est venu entendre la messe à Auchoine et il fit étape à Mornac.

Ainsi, selon cette interprétation plutôt légendaire, l’appellation « quartier arabe » remonterait donc à cette époque carolingienne alors que Mornac, comme Anchoine et Broue, était un site stratégique côtier déjà constitué en paroisse comme en témoignent les traces de l’édifice religieux mérovingien découvert sous l’église romane lors des fouilles en 1952.

L’autre version de « quartier arabe » à Mornac, plus plausible, vient de l’observation des marins mornaçons. Embarqués pour leur service militaire sur les navires de la Royale, puis dans la Marine Nationale, ils fréquentaient les médinas d’Alger. Ils firent l’analogie entre les formes d’habitat maghrébin et … le vieux Mornac aux maisons serrées (dans un périmètre autrefois fortifié) et desservies par un labyrinthe de petites ruelles, un labyrinthe toujours appelé encore aujourd’hui, au XXIème siècle, quartier arabe !