Le banc de Mouillelande

Dans le lit de la Seudre maritime en face de Mornac, le banc de Mouillelande est célèbre à plusieurs titres.

D’abord à l’époque médiévale, au XIIIème siècle Mouillelande est un lieu de mouillage – d’où son nom- pour les bateaux en attente de la marée montante pour accoster le port de Mornac. D’ailleurs un droit de un « sol » (un sou) était prélevé au profit du Seigneur de Mornac pour chaque navire jetant son ancre sur ce banc.

Ensuite cet espace des fonds de la Seudre favorable à la reproduction des huîtres plates – jusqu’à leur disparition en 1920 – fût considéré comme un gisement à protéger du pillage.

Pour ce faire, dans les années 1860 la patache « La Sarcelle » un bateau de surveillance monté par des marins de l’Etat, fût affecté à la protection de Mouillelande.

C’est une autre aventure vitale pour la relance de l’ostréiculture, que devait connaître le banc plus récemment en 1971. Il s’agit de l’opération « résur ». Suite à la mortalité généralisée des huîtres portugaises, la profession ostréicole fit venir par avion de grosses huîtres « gigas » de la Côte Ouest du Canada, en Colombie Britannique. Aussitôt semées sur plusieurs bancs dont Mouillelande, ces huîtres- mères du Pacifique se sont montrées très prolifiques permettant un captage très abondant. Par ailleurs des naissains sur coquilles étaient importés du Japon. Ces deux pratiques devaient permettre un relèvement de la structure ostréicole autour de l’huître nouvelle baptisée « japonaise ».

Enfin Mouillelande a été très longtemps une zone de pêche aux coquillages fouisseurs autrefois le clam, puis la palourde, celle-ci étant objet à la fois d’activités professionnelles et de loisirs. Ces pêches se pratiquaient soit depuis une embarcation à l’aide d’une drague à main appelée « grand râteau », soit à pieds dans l’eau à la fourche à marée basse.

Aujourd’hui la pêche aux palourdes dans cette zone est frappée d’interdiction. Mais le banc de Mouillelande reste classé comme lieu de reproduction utile chaque été au captage des huîtres creuses descendantes des anciennes « gigas » venues par avion du Pacifique.